Logo de la Société wallonne d'étude du dix-huitième sièclePAGE D'ACCUEIL    LIENS WEB    PLAN DU SITE    CONTACT    ACTUALITÉ











La SWEDHS et ses amis
à Rotterdam


par MURIEL COLLART et DANIEL DROIXHE



La Société wallonne d’étude du 18e siècle était représentée au XIVe Congrès international d’étude du 18e siècle (Université Erasmus de Rotterdam, Pays-Bas, 27-31 Juillet 2015) par plusieurs participants, membres du Comité international et Collaborateurs.

Daniel Droixhe et Muriel Collart y organisaient deux sessions thématiques.

La session S022 (I-II) portait, le lundi 27 juillet, sur « Popular Medicine and Health Market in the 18th Century ». Jacques Rouëssé (Paris, Académie de médecine) y présenta, avec l’autorité et l’entrain coutumiers, une communication d’entrée sur « Les anticancéreux au 18e siècle ». Daniel Droixhe modifia son sujet pour traiter de trois cas de charlatanisme dénoncés aux autorités en Champagne, dans le traitement du cancer. Muriel Collart présenta l’expérience originale du médecin Jean Razoux, de l’Hôtel-Dieu de Nîmes, qui mit en parallèle dans un seul tableau un journal météorologique et un journal médical, du 1er juin 1757 au 1er janvier 1762. Katalin Pataki et Ágnes Romhányi (Budapest) évoquèrent « The Medical Books of Apothecaries in Eighteenth-Century Hungary ». L’exposé fournissait une intéressante liste des pharmacopées et ouvrages médicaux en usage dans les provinces des Habsbourg, en relation avec le Dispensatorium Viennense de 1729 et la Pharmacopeia  Austriaco-Provincialis de 1774. Ces ordonnances fixaient le prix des médicaments, qui évolua à partir de l’accord de Statthalterei de 1766 et de la Taxa Posoniensis décidée par Torkos Justus Janos, publiée en 1745, Des rapports de visite des pharmacies livrent un tableau coloré des différences régionales. À côté des herbiers, les pharmacies des monastères possédaient de riches collections de livres médicaux: ont été détachées celles appartenant aux congrégations de Camaldoli à Zobor Hill (Nitra, Slovaquie), de Červený Kláštor (Lechnica, Slovaquie), de Horné Lefantovce (Slovaquie) et de Lepoglava (Croatie).

La session S047 portait, le mardi 28 juillet, sur « Climat, agriculture, commerce ». Muriel Collart, qui l’organisait, traita d’abord de la question suivante : « Quel commerce pour le meilleur développement agricole ? Quelques réponses du 18e siècle ». Anouchka Vasak (Poitiers-Paris) montra comment s’organisa la configuration climat, agriculture et commerce chez Rousseau. Dans le cadre des  conceptions de Montesquieu et des théories de la physiocratie ou du libre-échange, la référence au climat se constituera, suivant la voie ouverte par Rousseau, en fonction critique de la notion de « progrès ». Daniel Droixhe avait à nouveau modifié son sujet en choisissant de dialoguer très brièvement avec Vladimir Jankovic, auteur de Confronting the Climate. British airs and the making of Environmental Medicine (2010). Il s’agissait donc de fournir quelques pistes tirées de « l’important volume de publications » qui ont considéré, depuis le début du 18e siècle, « la capacité des facteurs externes à former/modeler la physiologie de l’homme », conception « certifiée par un très large consensus sur la connection entre l’état de santé individuel et l’état de l’air qui est respiré ». On y évoqua l’ouvrage classique de Ramazzini sur les Maladies des artisans (1700), Les lois éclairées par les sciences physiques, ou traité de médecine-légale et d'hygiène publique de François Emmanuel Fodéré (1798), etc. Lora Gueriguis (U.S.A.) relut trois poèmes de Mary Barber sur l’impact de  la dégradation environnementale notamment occasionnée par le recours au charbon (Poems on Several Occasions). Ce fut l’occasion de rappeler que l’emploi domestique de celui-ci était censé affecter de manière particulière ses utilisateurs liégeois, selon certains voyageurs.

Ces deux sessions suscitèrent d’opportunes interventions de Maria Pirogovskaya(Institute of Russian History), d'Anne-Marie Mercier Faivre (Lyon) et de David McCallam (University of Sheffield).

Muriel Collart et Daniel Droixhe présentèrent ensemble, dans la session S054 (II), le 28 juillet, consacrée au « Marché Panckoucke (1782-1832) ou l’Ouverture de la Connaissance », une communication sur « Le traitement du cancer dans l’Encyclopédie méthodique », introduite par Hans Jürgen Lüsebrink. Il s’agissait de dégager un double système de références thérapeutiques : vertical, par les considérations appartenant à une même série de dictionnaires (par ex. « Médecine »), et transversales, par le repérage d’article touchant indirectement à la question des tumeurs (par exemple dans les volumes relevant de la « Chimie », de la « Physique », etc.). L’exposé, suivi par un nombre important d’auditeurs, suscita notamment l’intervention de Robert Morrissey, directeur de l’ARTFL Project de Chicago (numérisation de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, de l’Encyclopédie méthodique, etc.), concernant le mode d’investigation utilisé.

Parmi les collaborateurs de la SWEDHS présents à Rotterdam, on signalera Frederik Dhondt (Ghent) et Tom Verschaffel (Leuven). Le premier co-organisait la session S046 sur « Droit et diplomatie au 18e siècle » et présentait son livre Balance of Power and Norm Hierarchy : Franco-British Diplomacy after the Peace of Utrecht (Leyde, Brill, 2015). Le second co-présidait la session S225 sur « Technologies of the Self : Discovering and Transforming Identity and Interiority ». Nos amis Anne-Marie Mercier-Faivre et Denis Reynaud (Lyon) proposaient respectivement, dans la session S019 (I) sur « L’image de la Corée au 18e siècle », « L’invention du Ginseng » et « L’image de la Corée dans quelques documents français du 18e siècle » (dans l’Histoire générale des voyages de Prévost et l’Essai sur les mœurs de Voltaire). L’abondance des sessions et le caractère simultané de certains exposés empêchaient, comme il est de tradition dans ce genre de rencontre « mondiale », l’assistance à certaines d’entre elles — et l’intervention sur l’un ou l’autre point (on songe aux informations sur le ginseng fournies par Linda L. Barnes dans Needles, Herbs, Gods and Ghosts : China Healing and the West to 1848 Harvard U. P., 2005).

La SWEDHS s'est également manifestée lors des sessions S112 (Maria Susana Seguin), S119 (Willemijn Ruberg) et S131 (Sakurako Inoue). La première portait sur « Pensée clandestine et commerce de livres ». Elena Muceni (Genève) y mit en évidence une série d’éditions portant la fausse adresse du fameux Nourse, sans que la provenance éventuelle de celles-ci ne fasse l’objet de suppositions. La deuxième session s’intitulait « Classyfying Bodies : Race, Disease and the Enlightenment ». La question portait sur l’apologie de la mixité raciale (Dubos et al.) dans le cadre des « Noble Paradigms of Human ‘Race’ in Eighteenth-Century Britain » (comm. de Tim Mc Inerney). La troisième session se justifiait notamment par la remarquable édition, en 2014, à la Société des Textes français modernes, des Saisons de Saint-Lambert par Sakurako Inoué (Université Keio, Japan), organisatrice de la rencontre. Si on peut considérer sans objet la question (posée par Daniel Droixhe) de savoir quel contemporain de Saint-Lambert (Léonard, Delile, Roucher ?) incarnerait plutôt la « ruralité citoyenne » ou le « bucolisme proprement poétique », une communication fournit l’occasion de rappeler la contribution du domaine flamand à la littérature française, avec les Quatre parties de l’année de l’abbé Coninckx, de Saint-Trond.

L’excursion à Leyde, sous la conduite toute française de Marjolein Hageman, fut rehaussée d’abord par une visite du Musée Boerhaave, sous la direction de H. Hooijmayers. Celle-ci mit en évidence un aspect des Lumières hollandaises que les propositions de participation aux sessions thématiques n’ont pas suffisamment mis en évidence : le rôle du pays dans les progrès de la médecine. On signalera dès lors comme d’autant plus notable l’exposé de Ruben Verwaal (Groningen) sur l’œuvre de Hieronymus David Gaubius (1705-1780), né à Heidelberg, mais qui professa à Leyde. Considérant la coagulation du sang du point de vue la chimie, celui-ci, « par des expérimentations inédites opérées dans les facultés hollandaises de médecine, ouvrit de nouvelles perspectives en matière de physiologie et de pathologie » (« The Chemistry of the Body at Dutch Universities, 1700-1775 »).

Le cocktail de bienvenue en la Laurenskerk et le dîner du Congrès, qui emmena les participants à travers le port, laissèrent aux membres du bureau de la SWEDHS le temps de retrouvailles avec des chercheurs associés, comme le jeune Canadien Simon Dagenais, ou avec Aexandre Stroev, membre de notre Comité international. Ce fut aussi l’occasion de féliciter Lise Andries pour son élection à la présidence de la Société internationale d’étude du 18e siècle, où elle succède à Marc-André Bernier.



Lise Andries et Marc-André Bernier entourés par Daniel Droixhe et Jacques Rouëssé.

Rechercher

Spotlights


 
Copyright © 2011-2018 Société wallonne d'étude du dix-huitième siècle asbl (Swedhs). All rights reserved. info@swedhs.org